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    Orgues à traction mécanique

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    Freedom
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    Orgues à traction mécanique

    Message par Freedom le Mar 21 Juin 2016, 19:53

    Je crois qu'il faut régler le cas d'une légende urbaine répendue chez les organistes:
    La traction mécanique fait en sorte que l'orgue aura une attaque plus franche (chiffing) et une meilleure articulation.

    Il s'avère que c'est faux.

    Il y a eu confusion lorsque l'orgue néo-baroque est apparu au milieu du 20ième siècle. Durant plus d'un siècle d'absence, la tuyauterie à pied ouvert (plein-vent) a soudainement revu le jour sur des orgues à traction mécanique à basse pression. Ce fut un choc pour les organistes de l'époque; nous pouvions désormais jouer sur des orgues avec des attaques franches, avec une grande clarté (acuité) et une articulation adaptée pour le répertoire baroque allemand.

    Plusieurs organistes ignorent ce point: Ce n'est pas la traction mécanique qui crée cette nouvelle sonorité; c'est la tuyauterie et son harmonisation. Je veux tout simplement rappeler cette confusion.
    Lorsque le pied du tuyau est plus ouvert, une quantité plus grande de vent (à pression moindre) vient frapper plus violemment la lèvre supérieure du tuyaux, créant ainsi cette sonorité caractéristique. Il y a d'autres points au niveau de l'harmonisation, mais je ne veux pas trop élaborer sur cela.

    Aussi, les sommiers à traction mécanique ont des gravures, ce sont des petites canaux internes qui se remplissent de vent pour aller se heurter dans un petit trou laissant entrer le vent dans le tuyau. Durant une fraction de seconde la vitesse du vent sort du sommier avec une grande accélération. Par conséquent, l'orgue à gravures a donc aussi un impact sur l'articulation. Mais ce type de sommier à gravures est maintenant fabriqué avec transmission électrique et pneumatique.
    Il existe un autre système de sommiers à gravure: la traction proportionnelle. Nous avons là une soupape électrique qui ouvre exactement à la même vitesse à laquelle l'organiste abaisse la note du clavier. C'est le système le plus évolué en facture d'orgue, mais il est encore très peu utilisé.  

    J'ai essayé plusieurs de ces instruments à transmission électrique et proportionnelle, et on ne peut pas faire la différence sonore versus la traction mécanique, surtout avec des claviers de type "tracker touch" imitant le touché des orgues mécaniques.

    J.S. Bach voulait toujours améliorer la lourdeur des claviers. Avec la nouvelle technologie, cette lacune est réglée, même lorsque l'on accouple tous les claviers de l'orgue, et en plus, une possibilité d'ajouter d'autres accouplements (octaves graves, aigües, etc)

    Que penserait Bach de l'évolution de l'orgue d'aujourd'hui? Nous ne le serons jamais bien sûr, mais sans vouloir condamner la facture de copies d'instruments anciens, devons-nous nous restreindre des capacités et du potentiel énorme des orgues d'aujourd'hui par seule raison qu'il ne sont pas des instruments proches de J.S. Bach?

    à vous de faire votre propre opinion.


    Dernière édition par D Laliberté le Mer 22 Juin 2016, 06:49, édité 1 fois
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Mer 22 Juin 2016, 05:14

    Nous sommes d'accord.

    Il faut distinguer deux choses:

    1)-Les instruments anciens qui nous restent, et qui sont à préserver jalousement tels qu'ils sont;
    C'est d'ailleurs vrai pour les instruments de toutes les époques.

    2)-Les instruments neufs, pour lesquels "tout doit être permis", sans dogmes.

    L'histoire de l'orgue au 20ème siècle a montré une chose: la documentation ne suffit pas,
    parce que nous l'interprétons toujours dans un sens ou l'autre. Il faut compléter ces données
    par l'approche de nos cinq sens ! Et pour cela, il est indispensable d'être en contact In Situ
    avec les instruments d'époque.

    Et c'est par exemple là qu'un organiste va se rendre compte que le toucher d'un orgue du 18ème siècle
    de la région de Bach contredit tout ce qui a été raconté, comme évoqué plus haut.

    On a en fait mélangé un peu de tout: Marcel Dupré a prétendu qu'il n'y avait jamais de tierces
    dans les Mixtures des orgues de Bach. Mais en réalité, il se référait aux instruments du 18ème siècle....Français.
    Le toucher léger et précis, on le trouvait, certes.....Dans l'orgue italien, de dimensions réduites,
    dans l'orgue espagnol, avec ses sommiers chromatiques, sans abrégés, placés à un mètre du clavier
    (avec des postages de plusieurs mètres), dans l'orgue anglais ancien, de dimensions réduites également....
    Mais pas dans la région de Bach, où la richesse du son était privilégiée.

    Si on veut construire un orgue neuf pour un répertoire ancien, il faudrait d'abord le définir
    précisément, parce que certaines synthèses sont illusoires; vouloir un orgue pour Bach
    et Couperin, est-ce réaliste, alors que les tempéraments et la structure même de l'instrument
    diffèrent (rôle, composition et reprises des mixtures, par exemple) ?
    Visiter des instruments qui se rapprochent de cette synthèse-là, car il en existe en Allemagne
    (Silbermann, mais aussi J. Wagner, J-N Holzhey, et bien d'autres) montre que ce qu'on obtient,
    c'est très bien, mais....Ce n'est ni l'un, ni l'autre; on n'additionne pas les esthétiques comme
    les nombres !
    L'objectif ainsi replacé dans une vision réaliste, on visite, on visite, on écoute, on mesure,
    on écoute encore....On compare les acoustiques (l'instrument neuf va-t-il sonner dans
    une acoustique comparable aux originaux, ou pas ?)
    Et puis on s'y met, avec des objectifs concrets, sans s'arrêter à des points de détail dont l'avantage
    réel est de "parler" à des gens extérieurs à l'affaire, et dont l'autorité vient en fait de quelque
    chose d'autre que les connaissances.
    Laissons le facteur d'orgues signer son instrument !
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    Freedom
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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Freedom le Mer 22 Juin 2016, 16:57

    Pierre Lauwers a écrit:
    Si on veut construire un orgue neuf pour un répertoire ancien, il faudrait d'abord le définir
    précisément, parce que certaines synthèses sont illusoires; vouloir un orgue pour Bach
    et Couperin, est-ce réaliste, alors que les tempéraments et la structure même de l'instrument
    diffèrent (rôle, composition et reprises des mixtures, par exemple) ?

    Je suis d'accord avec vous avec toutes les raisons que vous énoncez, surtout que l'orgue baroque allemand est trop à l'opposé de l'orgue classique français.

    Par contre, avec des compromis, il est plus facile de faire une synthèse entre l'orgue de Bach et l'orgue romantique. Il faut doser dans l'harmonisation, la pression et la taille des tuyaux.
    Ce n'est pas réussi dans tous les cas, mais l'orgue Karl Wilhelm de l'Abbaye Saint-Benoit-du-Lac au Québec est un bel exemple de synthèse entre l'orgue de Bach et l'orgue romantique. Tout est nuancé, et le facteur a gravé les tirasses en français pour les jeux d'inspiration française et en allemand ceux d'inspiration allemande.

    HAUPTWERK
    BOURDON        16'
    PRINZIPAL        8'
    ROHRFLÖTE 8'
    VIOLA DA GAMBA 8'
    OKTAVE 4'
    SPITZFLÖTE 4'
    QUINTE 2 2/3'
    SUPEROKTAVE 2'
    CORNET V
    MIXTUR IV        1 1/3'
    TROMPETTE 8'

    POSITIV
    GEDACKT        8'
    SALICIONAL 8'
    PRINZIPAL        4'
    ROHRFLÖTE 4'
    NASARD 2 2/3'
    OKTAVE 2'
    TERZ        1 3/5'
    LARIGOT        1 1/3'
    SCHARF III        1'
    CROMORNE        8'
    TREMBLANT

    SCHWELLWERK
    PRINZIPAL        8'
    GAMBE 8'
    HOHLFLÖTE 8'
    CELESTE        8'
    PRINZIPAL        4'
    FLÛTE HARMONIQUE 4'
    NASARD 2 2/3'
    WALDFLÖTE 2'
    TERZ        1 3/5'
    MIXTUR IV        2'
    DULZIAN        16'
    OBOE                8'
    TREMBLANT

    PED
    PRINZIPAL        16'
    SUBBASS        16'
    PRINZIPAL        8'
    BOURDON        8'
    OKTAVE 4'
    RAUSCHPFEIFE IV 2 2/3'
    POSAUNE        16'
    TROMPETE        8'
    CLAIRON        4'


    Crédit photo: Robert Poliquin
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Mer 22 Juin 2016, 17:09

    C'est certainement une synthèse plus réaliste, on l'a vu par ailleurs.
    En fait, fin 18ème siècle, le style baroque thuringeois devint à la mode un peu partout
    en Allemagne, supplantant le style nordique jusque assez loin.
    Et c'est de ce style-là que l'orgue romantique apparut.
    La filiation est donc une invitation à essayer de telles synthèses.
    L'instrument présenté mériterait d'être entendu, mais je note deux choses:
    -3 fonds de 8' au clavier principal, c'est bien peu.
    - Le Schwellwerk n'est pas nécessaire. En effet, ce type d'orgue réalise, et déjà
    du temps de Bach, les nuances de force par clavier; les jeux les plus forts au I,
    un cran en-dessous au II, le III étant déjà quasi un écho, souvent en "Hinterwerk",
    une division placée à l'arrière des autres. Là, un jeu doux est à peine audible dans la nef,
    et une boîte expressive n'est donc pas prioritaire.

    Nasard, Tierce et Larigot.....Jeux flûtés, donc ? Dans l'orgue allemand, à part quelques "Nassat"
    d'inspiration française, ces jeux-là font partie du choeur des Principaux; ils vont allègrement
    dans le "Plein-jeu", et c'est aussi le cas du Cornet (on en reparlera à l'occasion avec J. Wagner).

    C'est plutôt une synthèse Allemagne-France, très large donc, dans un esprit néo-classique.
    Je n'ai bien entendu rien contre, mais il est probable qu'un tel instrument réussisse dans
    des répertoires tout autres que ceux qu'on pourrait imaginer.
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Mer 22 Juin 2016, 17:15

    Voici un projet pour un instrument moderne pour Bach:

    HAUPTWERK

    Prinzipal 16'
    Prinzipal 8'
    Viola di Gamba 8'
    Traversflöte 8' (bois)
    Quintadena 8'
    Gedackt 8'
    Octava 4'
    Waldflöte 4' (bois)
    Quinta 2 2/3'
    Super Octava 2'
    Kornett 5r (dessus)
    Mixtura 5r (avec tierce) 2'
    Scharff 3r (avec tierce) 1 1/3'
    Trompete 8'

    OBERWERK

    Prinzipal 8'
    Jula 8'
    Salicet 8'
    Unda-Maris 8'
    Koppelflöte 8'
    Octava 4'
    Traversflöte 4' (bois)
    Spitzflöte 2'
    Hörnlein 2r 1 1/3'- 4/5'
    Zimbel 3r (sans tierce) 1/2'
    Hautbois 8'

    HINTERWERK

    Gedackt 8'
    Quintadena 8'
    Prinzipal 4'
    Rohrflöte 4'
    Waldflöte 2'
    Super Octava 2'
    Quinta 1 1/3'
    Sedecima 1'
    Echokornett 5r (sur toute l'étendue du clavier)
    Scharff-Zimbel 3r 1' (avec tierce)
    Vox humana 8'

    PEDAL

    Gross Bordun 32'
    Prinzipalbass 16'
    Violonbass 16' (emp. Prinzipal 16' HPTW)
    Subbass 16'
    Füllbass 10 2/3' (ouverte)
    Octavabass 8'
    Viola di Gamba bass 8' (emp. HPTW)
    Quintbass 5 1/3' (ext. 10 2/3')
    Super Octavabass 4'
    Sesquialterabass 3r 3 1/5'-2 2/3'- 2'
    Mixturabass (emp. HPTW)
    Posaunenbass 16'
    Trompetenbass 8' (emp. HPTW)

    Pas de tirasse (logique, surtout vu les emprunts).
    OW/HPTW

    C'est une synthèse d'éléments Scheibe, Casparini et Joachim Wagner, le troisième représentant
    l'élément "extérieur". Je verrais fort bien ça dans un design genre Holtkamp senior,
    avec tuyaux "in the open" et traction électropneumatique.
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    Freedom
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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Freedom le Sam 25 Juin 2016, 13:44

    Concernant votre projet pour un instrument moderne pour Bach sur traction électro-pneumatique, le modèle que vous proposez représente à peu de chose près le type idéal par plusieurs facteurs contemporains dès les années 50.
    Je pense par exemple à l'orgue Casavant de l'Église Saints-Martyrs-Canadiens de Québec signé par Lawrence Phelps, un orgue sur traction électro-pneumatique basse pression avec 69 jeux, 97 rangs réels et ni emprunt ou extension, même à la pédale.
    Voici sa composition, oubliez le fait que c'est un néo-baroque de première génération et prenez le temps de bien l'analyser: http://www.musiqueorguequebec.ca/orgues/quebec/smartyrsq.html

    Comme j'ai déjà écrit concernant cet instrument sur Organographia, il est néo-baroque et c'est contre mes principes. Pourtant, ayant examiné ses tuyaux sous tous les angles, on y trouve un dénominateur commun avec l'Allemagne du Nord. Différent, mais similaire en même temps. Tout est dans les proportions; et c'est là où est notre limite. Quelques fois il faut couper toute rondeur d'un jeu pour arriver à faire chanter Dieu. La structure verticale d'un plenum (8'-4'-2 2/3'-2'-mixtures) ne dépend d'avoir de jolies jeux chantants. Non, l'important est que le résultat harmonique final l'emporte plus que sur le caractère individuel des jeux (c'est à dire le concept romantique). Voilà ce que je signifie par proportion. Et plusieurs autres paramètres sont cruciaux: pression, ouverture des pieds, bouches (surtout les biseaux), alliage du métal des résonateurs, taille, proportion du nombre des fonds 8 pieds (souvent négligée dans les orgue néo-baroques), etc
    Pour arriver à un résultat valable, le directeur artistique et leurs harmonistes doivent prendre conscience de cet art organistique perdu auquel on ne comprend pas encore le sens comme les facteurs du 17ième siècle.
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Sam 25 Juin 2016, 17:41

    Voilà encore un instrument intéressant, à conserver tel quel,
    mais qui réussit dans un autre sujet:

    https://youtu.be/lIRtfjWGtzo

    (l'image ne correspond pas)

    Trois jeux de fond de 8' au premier clavier dans un instrument de 67 registres...

    Quant à l'idée de "devoir sacrifier la rondeur", il faudrait que nous en parlions dans
    une église d'Allemagne centrale (et non du Nord donc), au pied d'un instrument concret.
    Même chose pour le rôle, voire les rôles, du Plenum. Mais on abordera cet aspect aussi avec
    Joachim Wagner.
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Dim 26 Juin 2016, 05:30

    Pour aller plus loin dans la réflexion:

    L'origine du concept de Plenum dans la seconde moitié du 20ème siècle, tout spécialement
    chez Phelps, ne serait-elle pas plutôt ici qu'en Allemagne:

    http://database.organsociety.org/SingleOrganDetails.php?OrganID=24797

    (Bien qu'on soupçonne qu'il y a eu des changements!) vidéo:

    https://youtu.be/thTR6OAoN_U

    .....Et ici aussi, on a un instrument qui mériterait une protection "à l'allemande" (i.e. "Denkmalschütz",
    on ne change pas un clou rouillé sans études et autorisation...)
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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Lun 27 Juin 2016, 09:14

    Au fait, même pas besoin d'aller jusqu'en Thuringe (ou en Italie, les champions du cantabile
    depuis la Renaissance) pour trouver des fonds bien chantants. Freytag 1795, Zuidbroek (NL)

    https://youtu.be/xYUaJpp3ZRU

    Ma foi, Dieu retrouvera bien les siens. Dans ma région, on dit: "chanter vaut deux prières"
    ("Die Gesang isse zwö Gebete geldig", de mémoire, en dialecte d'Eupen).

    En Italie, ils ont un orgue de 1475 à peu près conservé. Et c'est certainement lui qui
    possède le Plenum que je préfère. On l'entend ici en seconde partie, après une partie sur
    les fonds, comme ça, on voit sur quoi le tout est basé:

    https://youtu.be/3m8zJTdlBCI

    Autre vidéo du même:

    https://youtu.be/KBSqZOfsmJc
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    Richard Etiévant
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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Richard Etiévant le Lun 27 Juin 2016, 13:31

    Pierre Lauwers a écrit: Dans ma région, on dit: "chanter vaut deux prières"
    ("Die Gesang isse zwö Gebete geldig", de mémoire, en dialecte d'Eupen).


    "Chanter c'est prier deux fois". Cette phrase serait de Saint Augustin, reprise par Luther.
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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Freedom le Lun 27 Juin 2016, 15:04

    Richard Etiévant a écrit:
    Pierre Lauwers a écrit: Dans ma région, on dit: "chanter vaut deux prières"
    ("Die Gesang isse zwö Gebete geldig", de mémoire, en dialecte d'Eupen).


    "Chanter c'est prier deux fois". Cette phrase serait de Saint Augustin, reprise par Luther.

    C'est tout à fait logique, car Luther a été moine Augustin avant qu'il devienne le réformateur que l'on connait...
    Il s'est aussi inspiré de Saint-Augustin pour établir sa réforme.

    @Pierre Lauwers
    Pour revenir au sujet, les orgues Italiens sont trop souvent dans l'ombre des orgues allemands et français.
    Pourtant leur plenum est à l'origine des influences de plusieurs facteurs allemands que l'on connait
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Lun 27 Juin 2016, 15:38

    En fait l'orgue italien est "premier" par rapport à l'allemand et au français.
    S'il était en germe dès l'antiquité, on peut dire que l'orgue tel que nous le
    connaissons naquit dans deux centres, à la Renaissance:
    -Le Brabant (Centre de la Belgique et Sud des Pays-bas actuels)
    -L'Italie du Nord (en gros, la plaine du Pô, de la Lombardie à la Vénétie,
    plus l'Emilie-Romagne)
    Avec un soupçon d'antériorité du second cité, où fut inventé le sommier
    caractéristique des deux régions: le Springlade.
    Et encore aujourdhui, l'Italie est encore plus riche que l'Allemagne, tant
    en quantité qu'en qualité, en orgues de toutes époques.
    C'est très clair: les orgues de Bach en ont été influencés. L'allemagne fut une zone
    de rencontre entre ces deux types d'orgues, brabançon et italien.
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    Pierre Lauwers

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    Re: Orgues à traction mécanique

    Message par Pierre Lauwers le Lun 27 Juin 2016, 16:04

    Tant qu'on est en Italie, un des plus beaux que j'ai pu entendre in Situ
    est sans contredit celui-ci:

    https://www.youtube.com/watch?v=ZuU7N2zMomo

    Le Plenum italien présente des caractéristiques rares; comme le français,
    il ne comporte jamais de Tierces, et il n'est pas polyphonique, plutôt décoratif
    et se joue en accords.
    Pour la polyphonie, on joue sur le fait que chaque rang dispose de son registre propre,
    et on retire donc les plus aigus, qui présentent de grosses reprises dans les dessus,
    et, de plus, à des endroits différents pour chaque rang.
    C'est illustré sur la vidéo plus haut.
    On entend aussi le Principal 8' seul, un vrai chanteur d'opéra, en passant...
    Dans l'orgue français, on n'a pas cette possibilité et il faut recourir aux anches pour
    la polyphonie.
    On a eu en Angleterre, avant les légers problèmes avec un certain Cromwell, un type d'orgue
    apparenté à ce Ripieno italien.
    Juste à côté, vers l'Autriche et la Suisse (actuelles), on va voir des Plenum de ce type rassemblés
    en un seul registre et complétés par un jeu de mutation composé de deux ou trois rangs, le plus souvent,
    dont un de Tierce 4/5' reprenant en 1 3/5': le "Hörnlein".
    Ce sera la base des Plenums de la moitié Sud de l'Europe centrale.
    Descendu via le Rhin, ce jeu sera à l'origine, dans la partie Sud du Brabant, en Flandre,
    du Cornet, qui commence sa carrière avec des tailles étroites de Principal, et sert aussi bien
    en Solo que dans le Plenum (Michel Chapuis l'a d'ailleurs démontré lors de son récital à Gerpinnes
    sur un instrument de style flamand).
    Dans l'orgue du Nord, Cornet et mutations avec tierces resteront des Principaux, la France restant
    le cas unique du passage, pour ces jeux, aux tailles larges et à leur exclusion du Plenum, l'Angleterre
    faisant un peu des deux (Cornet soliste, bien que pas très large, et Sesquialtera principalisante).

    Ce thème des différentes versions du Plenum remplirait des livres entiers.

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    Re: Orgues à traction mécanique

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